Les Actions de Trump ne Bénéficient Ironiquement Pas à Son Electorat

Difficile ces derniers mois de passer à côté des moultes photos de Trump assis au bureau oval entouré de ses minions, signant ses propositions de loi – les fameux ‘executive orders’. Depuis que le nouveau Président a pris ses fonctions, une centaine de régulations gouvernementales ont été suspendues ou annulées. Une récente proposition de résolution veut même imposer que pour chaque nouvelle loi votée, deux lois existantes doivent être éliminées (la faisabilité d’un tel projet est faible, mais nous n’en sommes pas au premier mensonge de l’ère Trump).

Mais pour un Président dont la campagne a été basée sur la promesse populiste de ‘rendre le pouvoir aux citoyens’, ces déréglementations aident-elles vraiment l’Américain lambda?

Pas vraiment. Une des premières décisions de Trump fut d’assouplir l’accès aux armes à feu pour les personnes souffrant de maladies mentales (parce que s’il y a quelque chose dont l’Amérique a besoin, c’est bien ça). La loi existante, mise en place par Obama, contraignait la sécurité sociale à transmettre les noms de toutes les personnes recevant des indemnités d’invalidité pour maladie mentale à l’organisme qui vérifie les antécédents des potentiels acheteurs – mais le bon sens n’a malheureusement pas l’air de peser lourd pour Monsieur Trump, qui a le soutien du principal lobby des armes à feu. Ironie, après chaque fusillade massive dans le pays, les Républicains aiment à dire que ces drames ne sont pas la faute des armes, mais celle des personnes atteintes de maladies mentales. Pourquoi donc leur garantir un accès simplifié à des engins mortels?

Sans surprise, beaucoup de Démocrates se sont opposés à cette décision. La loi affecte près de 75,000 citoyens, recevant des indemnités d’invalidité pour maladies mentales assez graves pour que ces personnes ne soient pas autorisées à gérer leur finances elles-mêmes. Le Sénateur Chris Murphy est ainsi monté au créneau en expliquant que “si vous ne pouvez pas vous occupez de vos finances, comment peut-on attendre de vous que vous soyez responsable d’une arme qui peut potentiellement tuer quelqu’un?

L’autre cheval de bataille de Trump, c’est l’environnement. Climato-scéptique, le nouveau Président a promis de favoriser l’industrie du charbon pour remettre une partie de son électorat au travail (aka, les miniers de la Rust Belt), et vient ainsi d’entamer des démarches pour détricoter les mesures de son prédécesseur. Dans sa ligne de mire, le Clean Power Plan (projet pour une énergie propre). Le texte de loi, qui avait pour but d’accélérer la transition énergétique, prévoyait de contraindre les Etats-Unis à réduire leurs émissions de CO2 de 32 % d’ici à 2030 par rapport à 2005, conformément aux engagements pris lors des accords de Paris. Il prévoyait ainsi de fermer de nombreuses centrales à charbon dans le pays, notamment les plus vieilles et les plus polluantes. 

L’autre retour en arrière de Trump en matière d’environnement est encore plus ridicule, puisqu’il vient de re-autoriser les centrales à charbon à déverser leurs déchets dans les rivières – mettant ainsi en danger la qualité de l’eau potable de millions de personnes. Alors on a du mal a comprendre en quoi cela va aider l’Américain moyen – mais on comprend très bien en quoi cela va aider les entreprises de l’industrie des combustibles fossiles. Et malheureusement, ça a l’air d’être une habitude pour Trump: déréglementer les lois protégeant les citoyens, au profit des grandes compagnies qui lui offrent leur soutien.

La dernière déréglementation de Trump qui ne profite à personne sauf aux géants du capitalisme concerne la suspension d’une loi rendant l’internet haut debit plus accessible à tous, et garantissant des aides dans ce domaine pour les foyers les plus modestes. Les grands noms de la téléphonie comme Verizon et Comcast étaient évidemment opposés à la mesure, et Trump a décidé d’aller dans leur sens, dès sa première semaine au pouvoir – au détriment des nombreuses associations de consommateurs.

Toujours dans le domaine d’internet, grâce à un tout récent projet de loi des Républicains, les fournisseurs d’accès Américains vont bientôt être autorisés à vendre à des tiers l’historique de leurs clients, ainsi que leurs données financières et médicales. La nouvelle législation va annuler les règles en vigueur au temps d’Obama, qui obligeaient les entreprises à obtenir la permission de leurs clients avant de pouvoir vendre de telles informations personnelles à un tiers parti.

Mais les decisions les plus déloyales de Trump concernent probablement celles du secteur financier. Trump, qui s’auto-proclamait le candidat anti-establishment, pour le peuple et anti Wall Street, n’a pris strictement aucune décision dans ce sens – bien au contraire. De nombreuses lois ont été mises en place depuis 2008 pour protéger les consommateurs de possibles crash boursiers et ne pas reproduire la crise des subprimes, mais l’administration Trump essaye d’assouplir ces restrictions, notamment pour les grandes banques comme Goldman Sachs, JPMorgan et Chase. Trump s’est par exemple attaqué à la loi Dodd-Frank, adoptée en 2008 par Obama pour relancer l’économie et mieux encadrer les banques. Dans le même esprit, Trump a également demandé au Ministre du Travail de retarder l’application de la ‘règle fiduciaire’, qui oblige les professionnels de la finance à agir prioritairement dans l’intérêt de leurs clients lorsqu’il s’agit de donner des conseils sur des placements retraite.

Et ça, ça n’annonce rien, mais vraiment rien de bon pour l’Américain qui ne fait pas partie du top 1% de la population.

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